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La crise économique frappant l’ensemble des pays de l’OCDE ne semble pas avoir remis en question les fondements de notre modèle de développement. Bien au contraire, notre réponse vient conforter l’assise d’un paradigme qui serait finalement perçu comme étant acceptable, ou plus encore, une voie dans laquelle nous devrions persévérer. C’est pour cette raison que nous devons rappeler les limites économiques, sociales et écologiques qui le caractérisent.
Surendettement des consommateurs, stagnation des revenus, accroissement des inégalités, clivages territoriaux, crise environnementale et énergétique… voici les principales limites d’un modèle de croissance économique qui relègue le développement de nos communautés au second plan. Les faiblesses inhérentes à ce système ne signifient pas son entière remise en question, mais nous nous devons toutefois de le questionner.
Effectivement, il est important de penser une économie en transition, vers une base moins énergivore, plus équitable, mais aussi plus sensible aux réalités locales et régionales. Dans cet objectif, nous pouvons soit nous laisser contraindre à une certaine décroissance, soit au contraire nous donner les outils pour reconvertir notre économie et lui donner de nouvelles logiques de fonctionnement :
Pour réussir cette transition, nous allons devoir développer une économie d’innovation verte, des outils de diagnostic nouveaux, et des indicateurs économiques alternatifs crédibles. Par ailleurs, nous avons besoin d’une politique industrielle forte qui puisse construire cette économie hybride hors de l’économie monétaire, et enfin rompre avec la grande corporation. Dernier point important, nous devons consolider les outils de financement public de notre économie en fonction de ces objectifs et leur donner la possibilité d’investir selon les valeurs sociales et écologiques qui sont les nôtres, et c’est justement là notre plus grand défi.
Éric Pineault
Éric Pineault est professeur au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal, directeur de recherche à la Chaire de recherche du Canada sur la mondialisation, la citoyenneté et la démocratie ainsi que membre du Collectif d’analyse de la financiarisation du capitalisme avancé (CAFCA).