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Transition énergétique

L’ère du pétrole abondant et bon marché est révolue. Le choc des prix, qui ont atteint un sommet en juillet 2008, a rappelé la vulnérabilité qui caractérise la structure économique et l’organisation territoriale. Les tensions sur le marché du pétrole sont appelées à augmenter avec la reprise de la croissance mondiale. La crise économique procure temporairement un répit relatif.

À l’échelle mondiale, les combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel) représentent 85 % de la production énergétique et le transfert vers l’énergie propre est un défi dont on ignore s’il pourra être relevé à temps. La transition vers de nouvelles sources d’énergie est engagée pour des raisons économiques : réduire la dépendance par rapport à des énergies fossiles de moins en moins accessibles. Mais elle a aussi un fondement environnemental, parce qu’aucun effort crédible de réduction des GES ne peut se passer de mesures de réduction absolue de la consommation de pétrole.

Il va sans dire que l’organisation territoriale des villes et des collectivités, les dynamiques liées au navettage, les secteurs névralgiques comme les transports ou l’agriculture, reposent tous sur les paramètres de coût et sont donc fortement et directement influencés par le cours du pétrole.

Toutes proportions gardées, les grandes villes québécoises connaissent un étalement généralement supérieur à celui des capitales européennes nettement plus populeuses. Par ailleurs, sur le plan du chauffage dans le secteur résidentiel, le Québec demeure le plus important consommateur de mazout léger au Canada.  

C’est donc dire l’ampleur du défi que de se préparer à l’éventualité d’une envolée des prix sur lesquels le Québec ne possède aucune emprise. Importateur de la totalité de ses énergies fossiles pour combler la moitié de sa demande énergétique, le Québec subira des fluctuations menaçantes pour les dynamiques territoriales. Ce défi revêt aussi un caractère économique, puisque les dépenses liées au pétrole grèvent le portefeuille des particuliers, des entreprises, des institutions et de l’État. De l’ordre de 13 milliards de dollars en 2007, la consommation totale du Québec en pétrole a atteint 18,4 milliards de dollars en 2008. Ce sont 80 % de ces montants qui se dirigent à l’extérieur du Québec, et chaque hausse du cours moyen du pétrole de 10 $/baril vient soustraire près de 1,4 milliard de dollars par an de l’économie québécoise. Par ailleurs, l’impact de ces fluctuations déborde évidemment à travers l’inflation sur un grand nombre de biens et de services.

En somme, le contexte de transition énergétique questionne comment les territoires devraient se préparer à la hausse du prix des carburants fossiles et quelles alternatives mobiliser pour y faire face.

 

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