Accueil  |  Défis et enjeux  |  Des défis à relever  |  Vitalité sociale

Vitalité sociale

Le Québec a connu un essor économique et une émancipation culturelle indéniable le plaçant à l’avant-garde des sociétés industrialisées dans plusieurs domaines. Cet élan de prospérité contraste néanmoins ici et là avec des situations économiques et sociales des plus vulnérables qu’il faudrait renverser au prix d’une mobilisation et d’actions soutenues.

Cent cinquante municipalités réparties dans quatorze régions sont considérées comme dévitalisées (selon l’indice de dévitalisation du MAMROT). Ces municipalités généralement de petite taille (moins de 1 000 habitants pour 80% des cas) connaissent un vieillissement plus rapide que la moyenne, elles doivent conjuguer avec un taux de chômage élevé, un revenu moyen des ménages inférieurs à la moyenne et un plus faible niveau de scolarisation. Cette dévitalisation peut également se retrouver en milieu urbain, dans des quartiers ou secteurs particuliers des grandes villes. Le principal défi dans ces cas demeure le maintien et le développement d’un panier de services de proximité. Ce premier pas permet aux plus démunis et aux personnes âgées d’avoir accès à des services de base, recrée un espace de vie dynamique qui réduit les disparités territoriales et attire de nouvelles personnes à s’y établir.  

La prise en compte des besoins particuliers de ces milieux est essentielle pour un développement harmonieux, qui n’accentue pas les disparités sur l’espace mais cherche plutôt à les réduire et à favoriser une mixité sociale et générationnelle.

La dévitalisation sociale possède un autre visage : le décrochage scolaire qui atteint des taux alarmants dans plusieurs territoires. En 2006-2007, près de trois élèves sur dix (29 %) étaient sortis du secondaire sans avoir obtenu un diplôme ou une qualification. Il s’agit là d’un enjeu social qu’il importe de prendre à bras le corps pour renverser les tendances et promouvoir la persévérance scolaire partout. Une mobilisation des milieux scolaire, syndical et économique est entreprise, des actions et des cibles ont été annoncées par le gouvernement en cette matière. Il n’en demeure pas moins qu’une mobilisation sociale doit s’élargir et interpeller sur ce qui est l’essence même de la société de demain : le savoir et les connaissances.

L’initiative locale et régionale et la mobilisation des milieux demeurent la clé de voûte pour sortir de la dévitalisation et prévenir le décrochage. À ce propos, le rapport Ménard déposé en mars 2009 met l’accent sur l’importance de renforcer la mobilisation régionale autour de l’enjeu de la persévérance scolaire.

Enfin, les nouvelles technologies peuvent constituer un moyen efficace pour lutter de multiples façons contre la dévitalisation et pour redynamiser des milieux. Les disparités dans l’accès à Internet à haute vitesse créent de nouvelles formes d’exclusion néfastes sur le plan territorial. Les usages innovants des nouvelles technologies sont innombrables et s’avèrent indispensables pour attirer et retenir des personnes et des entreprises. Les seuls mécanismes de marché s’avèrent inopérants dans de nombreux territoires, aussi convient-il de pallier cette lacune avec des moyens publics et de façon significative et rapide comme le font de nombreux pays.

La réflexion sur le développement et l’avenir des territoires ne peut donc passer à côté des facteurs à l’origine de la dévitalisation sociale des communautés. Il doit s’inscrire dans ces dynamiques et contribuer à susciter la mobilisation des milieux sur des enjeux de vitalité sociale et économique.

Design Web = Egzakt