Accueil  |  Démarche  |  4 juin 2009: L'engagement des organisations nationales

4 juin 2009: L'engagement des organisations nationales

Lors de la rencontre des 3 et 4 juin 2009 à Beaupré, les 22 leaders des organisations nationales participantes ont été invités à s’exprimer, dans un premier temps, sur leur intérêt à bâtir une vision collective de l’occupation des territoires et, dans un deuxième temps, sur leur volonté à engager leur organisation dans la construction de cette vision au cours des prochains mois.

Voici ce qu’ils ont dit :

Claire Bolduc, présidente SRQ

« Aborder les enjeux de notre société par la grille des territoires nous offre l’occasion de bâtir un projet de société durable inclusif, qui réduit les fossés et mobilise les citoyens dans leur communauté. C’est pourquoi nous croyons que le développement de nos territoires est la meilleure réponse durable à la crise et aux défis du XXIe siècle. »

Bernard Généreux, président, FQM

« En tant que leaders, on a comme défis dans les étapes qui viennent de faire en sorte qu’on puisse proposer une démarche, une destination, un enjeu, qui va créer chez notre monde, chez nos citoyens, de la fierté. On a oublié tout ce dont on recèle comme potentiel et comme capacités. La richesse de nos territoires est immense. La contribution elle est peut-être à géométrie variable mais elle est néanmoins essentielle. Je me dis qu’on a la responsabilité d’assumer nos responsabilités au plan local. Et quand on plaide pour de la décentralisation, pour plus de moyens, pour la diversification des sources de revenus, comment on va faire en sorte, que nous comme élus – qui avons, je pense une responsabilité de premier ordre parce qu’à la base on est des gouvernements de proximité – d’avoir les moyens pour changer ce qu’on veut changer. »

Marc Gascon, premier vice-président, UMQ

« Le territoire évolue, il s’est complexifié depuis les dernières années en raison d’une transformation de l’économie qui se fonde désormais sur de nouveaux paradigmes tels que le savoir, l’innovation, la mondialisation. Et ceci interpelle tout le monde, que l’on soit du milieu rural ou du milieu urbain. On constate également que les contours ne sont plus aussi nets qu’ils ne l’étaient auparavant, lorsque l’on se confortait, à quelque part, autours des contours d’une municipalité, d’une MRC, d’une région administrative. Ce n’est plus nécessairement de cette façon que la réalité s’opère et dans laquelle on devra créer des alliances un peu différentes. Je souhaite, que les élus, que ce soit du monde scolaire ou du monde municipal, soient enfin réintégrés à la vision de société civile. Je pense qu’on a fait une grave erreur en créant une dichotomie entre la société civile et les élus, en les mettant de côté, en disant qu’ils ne font pas partie de la société civile. »

Ghislain Picard, Chef, APNQL

« Je me permets de croire, peut-être que je peux être déçu, que la discussion au niveau de l’occupation des territoires est sans doute une discussion qui serait impossible en l’absence des Premières Nations. […] Notre adhésion au processus est, je pense, conditionnée par un certain nombres de choses, notamment le fait que la question autochtone ne devrait pas être simplement un prétexte, mais plutôt un réflexe. […]Enfin, on a dit que l’âge moyen chez nos Nations est d’environ 24 ans, ce qui est évidemment tout le contraire de ce qui existe ailleurs au Québec. Je pense que lorsqu’on aura le réflexe de penser à nos communautés comme étant des potentiels de contribution, on sera peut-être dans un contexte où une meilleure association sera possible ».

Michel Prescott, Conseiller de la ville et membre du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal

« La ville de Montréal et la communauté métropolitaine devraient participer à la suite des choses et ce, quelque soit la volonté du peuple le 1er novembre prochain. Je pense que c’est d’autant plus important que le monde municipal, pas seulement Montréal, joue un rôle essentiel et fondamental dans la redéfinition d’un mode de développement. Tout à l’heure, je parlais de changer la culture politique, l’approche qu’on a vis-à-vis le développement : il n’est pas question de freiner le développement, il est question d’ordonner le développement, de rajeunir le schéma d’aménagement. Montréal doit être là et être partie prenante de l’exercice. Montréal est la métropole de tous les Québécois, de même que Québec est la capitale de tous les Québécois. C’est un devoir d’être là. Dans le document qu’on a nous remis, il est dit que cette réflexion pourra réduire les fossés de perception entre la métropole et le reste du Québec. C’est un appel du pied, manifestement, pour que la métropole danse avec vous. »

Christian Lacasse, président, UPA

« L’agriculture a toujours eu comme mission première de nourrir la population. Mais il va falloir, nous aussi, l’aborder dans son caractère multifonctionnel en terme de protection de l’environnement, des cours d’eau, des paysages et en terme d’occupation du territoire. Je pense qu’il y a d’autres dimensions qui vont au-delà de nourrir la population et qui vont rejoindre cette vision globale et la réflexion qu’on a à faire. »

Gaétan Morency, vice-président, Culture Montréal

« L’ensemble de ces constats nous incitent à remettre un peu d’ordre entre ce qui est la fin et ce que sont les moyens. Et au lieu de mettre l’humain et les territoires au service de l’économie, il est peut-être temps de mettre l’économie au service des humains et des territoires. »

Denis Brière, Vice-président, CRÉPUQ

« Ernst & Young en Europe a réalisé une étude qui a identifié les trois secteurs prioritaires du développement. Le premier est, naturellement, le développement durable, tout ce qui est bâtiment vert entre en premier comme potentiel de développement général pour la société. […] Le deuxième secteur est le secteur énergétique. Je crois que c’est un secteur à développer et qui peut certainement aider les régions. Le troisième secteur, c’est les technologies de l’information. La formation à distance devient de plus en plus importante [pour les régions]. »

Laurent Bousquet, vice-président, La Coop fédérée

« Parce qu’on a négligé de préparer ou d’amorcer le virage avec intelligence quand c’était le temps, on n’a pas posé les bons gestes. On a continué en ligne droite en négligeant de s’informer de ce qui nous attendait dans le kilomètre suivant. Là, on est obligé de négocier la courbe à grands coups de freins et à grands coups de roue. »

Yvon Boudreau, représentant, FCCQ

« Robert Sauvé disait hier qu’on n’a pas l’habitude, au Québec, de penser en terme de territoire. C’est important que la communauté d’affaires fasse valoir son point de vue et ses préoccupations avec le regard, avec le biais, qu’elle a. Sur le plan de la vision, la Fédération [des chambres de commerce] estime que dans chaque territoire, dans chaque région, il y a un potentiel de développement. Ce potentiel est malheureusement inégal, mais il existe. Il est présent et très diversifié. Il faut en tirer profit. D’abord au bénéfice des gens qui habitent ces territoires puis envisager le développement avec une certaine perspective de viabilité pour les entreprises et les communautés. »

Michel Arsenault, président, FTQ

« On traverse une crise difficile, on est conscient de ça. En même temps, on a une économie qui se diversifie. On a des outils collectifs que personne d’autre n’a en Amérique du Nord. Je pense, bien sûr, à la Caisse de dépôt. Je suis convaincu que ces gens vont concentrer leurs investissements chez nous à l’avenir. On a des fonds de travailleurs, dont le Fond de la FTQ. […] On a d’autres outils collectifs. Je pense au mouvement coopératif, à Desjardins. Je pense à la SGF, Investissement Québec, etc. On devrait être capable, comme société, de conserver nos choix de société : l’équité salariale, les garderies à 7 $, la taxation la plus égalitaire des Amériques. »

Jean-Guy Rioux, président, RESAM

« On voit [dans la démarche] une vision pour vaincre l’immobilisme. Un des grands problèmes c’est l’immobilisme, l’attentisme. Les gens disent : ils vont régler ça, ils sont payés pour ça, ils sont élus pour ça. L’autre problème, c’est l’homogénéité des systèmes. On vit ça dans quelques domaines, nous aussi en foresterie, alors il faudrait essayer d’y inculquer un peu de diversité. Aussi, il faut faire des modèles à échelle humaine; confier l’avenir des forêts aux forestiers terrain, mettre fin à la foresterie virtuelle. On pourrait rêver. Nous on fait deux grands rêves. Le premier, c’est la recherche et développement en région : faire dans chaque région une usine école. Le deuxième, c’est de mettre sur pied un fond d’investissement multi source. »

Gaëtan Boucher, président-directeur général, FCEGEP

« Ma compréhension est que l’État ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux. Il y a comme une incapacité, de plus en plus, de l’État à agir. À ce moment-là, il va falloir que les organisations se responsabilisent, que les régions se responsabilisent et, dans le fond, qu’on transfert à ceux qui sont véritablement les plus proches du service citoyen, les responsabilités et les décisions à prendre. »

Jean Fortin, président, ACLDQ

« Il y a des inégalités dans l’ensemble du Québec. Il y en a aussi à l’intérieur de nos territoires. Il y a des inégalités parfois économiques et il y a également des inégalités démographiques. La démographie, c’est important d’en parler. Vous savez, il y a des régions du Québec où la population est beaucoup plus jeune et d’autres où la population est beaucoup plus vielle, ce qui pose des questions d’avenir, au niveau social bien sûr. Ce sont des aspects sur lesquels il va falloir travailler le plus possible au cours des prochains mois et des prochaines années. »

Sylvain Poirier, président, FQCF

« La crise peut aussi offrir un lot d’occasions dont […] l’émergence de nouvelles filières forestières, dont la principale sera l’utilisation de la biomasse pour des fins énergétiques et l’utilisation de produits forestiers non ligneux. Cependant, même ces nouvelles occasions comportent des risques non négligeables si les forces vives des territoires n’arrivent pas à créer la synergie et assurer un certain contrôle sur les ressources. »

Gilles Côté, premier vice-président, RNCREQ

« Pour nous, l’occupation durable des territoires implique trois choses. Premièrement, une responsabilisation; une prise en charge par les citoyens et les acteurs du milieu. Deuxièmement, une valorisation des ressources humaines et des ressources naturelles locales dans une perspective de circuit court, dans l’optique de lutte au changement climatique, donc en favorisant les échanges économiques locaux. Troisièmement, un modèle de développement qui s’appuie inconditionnellement sur le respect de la capacité de support de l’environnement, des ressources naturelles et des écosystèmes. »

Hélène Simard, présidente-directrice générale, CCMQ

« On a découvert que 75 % des emplois coopératifs sont en région et qu’on est peu présent dans le milieu urbain, particulièrement à Montréal. On appelle ça le mystère de Montréal mais en réalité, c’est notre propre mystère à découvrir. Ce sont nos propres réalités culturelles à se réapproprier et ça va nous permettre d’être en contact avec un milieu extrêmement diversifié, qui vit des problématiques peut-être semblables, mais dont les solutions devront peut-être être différentes. Alors on est actuellement au coeur de la lecture de ces enjeux et on est à la recherche de solutions tant dans notre réalité d’entreprise que pour offrir des solutions pour la société. »

Christian Simard, directeur général, Nature Québec

« Je pense qu’il faut travailler ensemble et faire des ponts et arrêter de faire les rats des villes contre les rats des champs. J’invite tout le monde à s’intéresser au débat sur l’échangeur Turcot, parce que c’est un débat sur nos façons de faire nos villes. Au même titre, je pense que j’étais un peu déçu quand j’ai vu toute la démarche sur l‘avenir de l’agriculture lors de la Commission Pronovost; il y avait tellement peu de monde qui participait à cet important exercice parce que c’était pas grave, c’était pour la campagne. Je pense que ça concernait tous les Québécois. »

Nancy Neamtam, présidente-directrice générale, Chantier de l’économie sociale

« On ne peut pas éviter ici des discussions difficiles. Si on veut avoir des beaux bébés – je suis passé par là – l’accouchement se fait souvent dans la douleur. Mais on oubli facilement la douleur quand on voit les résultats. Je crois qu’on ne peut pas escamoter de débats et ça doit se concrétiser par des propositions et des projets. »
 

Claudette Carbonneau, présidente, CSN

« Il me semble que la thématique est à la fois suffisamment assez circonscrite mais quand même assez large pour se permettre de faire des liens sur plusieurs thématiques sur lesquelles nous avons le goût de travailler. Je pense à la question de l’énergie, de l’exploitation des ressources, de l’emploi, du marché du travail et de la responsabilité des entreprises. Mais la responsabilité sociale à l’égard des communautés, c’est quelque chose sur laquelle j’aimerais beaucoup que l’on puisse ensemble creuser. Alors, oui, je pense qu’il y a là une invitation qui est tout à fait intéressante et qui suscite de notre part une adhésion certaine. »

Stéphane Achard, premier vice-président Marché des entreprises, Mouvement Desjardins

« Il y a peu de projet qui se sont faits au Québec dans les dernières années qui auraient suscité l’adhésion de nous tous autour de cette table. Il faudra qu’on se donne une vision commune et qu’on accepte de faire des consensus et des compromis, sinon on n’y arrivera pas. »

Josée Bouchard, présidente, FCSQ

« Je crois que ces constats que l’on tire de la crise actuelle, nous les vivons aussi dans le milieu scolaire. Si on est rendu à ce point dans toutes les sphères de la société […] c’est que, à quelque part, le citoyen est en train de se déresponsabiliser. Et vous le savez, on le voit à différents niveaux. On le voit dans sa façon de ne pas vouloir intervenir en tant que citoyen. Il ne se donne pas de voix au chapitre. C’est aussi parce qu’on est en manque de leaders, en manque de véritables discours du cœur, rassembleurs. On a pris l’habitude, pas seulement au Québec, d’aller chercher des gens qui ont un discours de gestionnaires; des discours qui ne soulèvent pas les populations et qui ne donnent pas le goût aux gens d’être rassemblés autour d’un projet. »

Design Web = Egzakt