
Examens de l'OCDE des politiques rurales : Québec, Canada 2010 - Éditions OCDE
Source : http://www.oecdbookshop.org/oecd/display.asp?lang=fr&sf1=DI&st1=5KS5D4T2RDXN
Dans le Québec rural, en moyenne, la population augmente, le revenu des ménages progresse et le tissu économique continue de se diversifier. L’occupation du territoire y est plus homogène que dans le reste du Canada, compte tenu des réseaux plus denses de petites et moyennes collectivités. Toutefois, à l’image de la situation nationale, la province affiche d’importantes disparités régionales, et la viabilité de certaines localités rurales, surtout si elles sont difficiles d’accès et tributaires des ressources naturelles, est menacée par le déclin démographique et économique. Aussi le Québec a-t-il élaboré une approche figurant parmi les plus abouties à l’échelle de l’OCDE, qui cadre avec le nouveau paradigme rural (NPR). Sans se limiter à des préoccupations sectorielles, la politique rurale provinciale vise l’autonomisation des collectivités et l’occupation du territoire.
Pour optimiser la rentabilité de ses investissements en matière de politique rurale, le Québec doit intégrer plus résolument le développement social avec le développement économique et entrepreneurial, tout en redoublant d’efforts pour mettre l’échelon supralocal au coeur des stratégies de développement rural et territorial. Des mesures de stabilisation sont aussi à prévoir dans les zones en retard, moyennant l’accumulation de capital humain et un meilleur accès aux terres dans les territoires essentiellement ruraux. Face aux défis environnementaux, il importe de protéger les aménités naturelles dans les espaces périmétropolitains comme dans les zones reculées.
Dans l’ensemble, le cas du Québec peut constituer un exemple pour les décideurs confrontés à des problèmes tels que l’éloignement, la dépendance des collectivités à l’égard des ressources naturelles et le développement des capacités dans les zones rurales. Ce cas intéressera également les universitaires et les étudiants.
FAITS SAILLANTS
Principaux faits
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Le Canada a la plus grande zone rurale de l'OCDE. Plus de 95 % du territoire est classé comme rural. Cependant, seulement 29 % des Canadiens habitent dans des zones principalement rurales.
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L'urbanisation rapide dans plusieurs régions du Canada amplifie l'importante division rurale-urbaine et augmente les disparités régionales. Au Québec, cette division est moins prononcée en raison d'un réseau plus dense de petites et moyennes villes dans les régions rurales.
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Les zones rurales du Québec produisent 20 % du PIB de la province et connaissent, en général, une augementation de la population et des emplois. Néanmoins, il existe des disparités régionales. Certaines zones suburbaines et intermédaires attirent des résidents et des entreprises alors que les zones principalement rurales en perdent.
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Les changements structurels dans les zones principalement rurales du Québec, et plus éloignées, comprennent le vieillissement et le déclin de la population, la réduction des possibilités d'emploi et le risque de la diminution de la qualité de l'environnement. De plus, l'avenir de certaines communautés dépendantes des ressources naturelles est en danger.
Principaux enjeux
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Le Québec a développé une politique destinée aux milieux ruraux (Politique nationale de la ruralité - PNR) - indépendante des politiques économiques et agricoles - pour promouvoir le développement rural. Elle met l'accent sur le capital social et vise à renforcer la capacité des collectivités ainsi qu'à assurer que les zones rurales soient habitées de façon dynamique et durable. La PNR du Québec, qui est conforme au nouveau paradigme rural de l'OCDE, est l'une des plus avancées dans la zone de l'OCDE.
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Cette politique assure efficacement la promotion du développement socioéconomique dans les zones rurales accessibles et dans les zones rurales intermédaires. Cependant, elle a une incidence plus limitée sur les régions rurales isolées et les communautés rurales dépendantes des ressources naturelles, qui sont les plus vulnérables au Québec.
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La loi provinciale qui protège les terres agricoles contre l'urbanisation est appliquée de la même façon dans l'ensemble de la province. Cette application à l'échelle de la province ne protège pas efficacement les terres agricoles de grande valeur dans les zones en bordure des villes, p. ex., Montréal, et elle limite le développement dans les zones rurales et les zones rurales éloignées.
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La promotion du développement rural est entravée par le manque de coordination entre les gouvernements fédéral et provinciaux et le dédoublement au niveau local.
Principales recommandations
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Intégrer les décisions issues des politiques rurales dans le développement économique et entrepreneurial local et accroître le rôle du palier supralocal (regroupement de municipalités).
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Protéger les réserves de main-d'oeuvre qualifiée dans les zones rurales pour encourager l'innovation et la diversification de l'économie locale. Dans les régions touchées par les conséquences économiques de la perte des ressources naturelles, travailler en collaboration avec la communauté pour faciliter la transition vers d'aurtes sources d'emploi durables en tenant compte du déclin de la population déjà observée dans de nombreux cas et des nouvelles compétences requises.
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En utilisant les ceintures vertes, réduire l'expansion urbaine (avoir des villes compactes) et protéger les terres agricoles ainsi que les sites de grande valeur autour des centres urbains. En revanche, donner une plus grande marge de manoeuvre pour le développement des terres agricoles non utilisées dans les régions principalement rurales peut créer de nouvelles possibilités.