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Nouvelles

22 juin 2010

Étalement urbain: «statu quo impensable» pour 130 élus

Le maire Régis Labeaume n'est pas seul dans sa croisade pour densifier la région de Québec et contrer l'étalement urbain. Plus de 130 élus de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) ont amorcé hier une réflexion de 10 mois visant à dessiner le portrait de la région d'ici 2031. Maires et préfets seraient désormais unanimes dans leur volonté de freiner la dispersion en banlieue, une approche jugée trop coûteuse et peu durable.

«Le statu quo est impensable. On ne peut pas continuer à suivre les tendances actuelles», a affirmé hier le directeur général de la CMQ, Marc Rondeau, en marge du forum Bâtir 2031.

Le constat dressé est sans détour. Sans une modification de l'aménagement territorial, la région perdrait pas moins de 5000 hectares en terres humides et en secteurs boisés d'ici 2031, et verra disparaître plus de 1500 hectares de terres agricoles.

À ce bilan environnemental s'ajoutent des coûts onéreux pour l'immobilisation des nouvelles routes desservant des quartiers plus éloignés.

Cet état des lieux n'a pas été contesté, samedi. Les statistiques prévoient en effet une forte pression démographique sur la région. La population de la grande région de Québec sera en pleine croissance et pourrait atteindre 887 757 personnes en 2031.

La demande en parcs industriels ferait un bon notoire, atteignant jusqu'à 16,2 millions de pieds carrés seulement pour Québec et Lévis. C'est plus du double de la zone industrielle et technologique encore disponible dans toute la CMQ. Et les immeubles de bureaux ne seront pas en reste: il manquera 3,5 millions de pieds carrés d'espace pour les entreprises de Québec et de Lévis... sans compter les besoins des MRC environnantes.

Manque de place d'ici 20 ans

La région risque donc de manquer d'espace d'ici 20 ans. «Il y a des constats qui font l'unanimité chez les élus, dont le fait que nous devrons vivre avec moins d'espace. Nous sommes d'accord sur les orientations à donner à la région. La question, maintenant, c'est: "Comment y arriver?"» explique Marc Rondeau.

La table est donc mise pour l'élaboration du Plan métropolitain d'aménagement et de développement du territoire. Une loi provinciale exige de nos représentants le dépôt de ce projet régional d'ici avril. Des consultations auront lieu à l'automne 2011. Le plan de match final devra être adopté au plus tard en décembre 2011.

Les orientations urbaines exac­tes seront l'objet de discussions. Mais déjà, les documents dont Le Soleil a obtenu copie mettent de l'avant des projets de densifications urbaines le long des axes de transport en commun et la revitalisation de quartiers existants. Les écoquartiers, les voies réservées et les aménagements piétonniers y ont la part belle. Le projet de tramway n'y est pas inscrit tel quel, bien que des chiffres rappellent la forte augmentation de densité de population qu'engendre la mise en place d'un système léger sur rail (SLR).

Mixité résidentielle

La vision de l'urbanisme mise en relief par les documents évoque la notion de mixité résidentielle, où le commercial côtoie le résidentiel. On y trouve également des références aux quartiers à échelle humaine, à une plus grande diversité des habitations et à la limitation de l'étalement urbain et des déplacements en automobile.

Ces notions dépassent le cadre de la seule ville de Québec. Des exemples de densification urbaine sont recensés autant pour Lévis et Lac-Beauport que pour des municipalités plus éloignées telles Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier ou Fossambault-sur-le-Lac.

La démarche toucherait autant les citoyens du quartier Saint-Roch que ceux de Saint-Augustin-de-Desmaures. Un des quatre scénarios soumis aux élus propose une densification importante dans presque toute la CMQ, principalement le long des rives du fleuve Saint-Laurent.

Selon ce scénario, la moyenne de terrains détenus par chaque citoyen passerait de 0,08 hectare à 0,05 hectare d'ici 2031. Une baisse de 60% de l'espace individuel moyen.

Une autre voie propose de con­trôler la croissance et de permettre le développement près des pôles et le long des axes de développement existants. Ce réaménagement territorial aurait des répercussions considérables sur la biodiversité (45% de réduction d'impact) et augmenterait de 35% le nombre de ménages habitant à proximité d'une ligne d'autobus majeure.

«C'est pour les aider, les élus ne vont pas voter sur un scénario précis ou autre», prévient toutefois Marc Rondeau. «Ça pourrait être ultimement une combinaison de différents scénarios. Ce qui est certain, c'est qu'on ne peut continuer avec les tendances actuelles.»

Dans la lignée du plan Labeaume

Densification, limitation de l'étalement urbain, aménagement du territoire en fonction du transport en commun, les documents de réflexion du forum Bâtir 2031 reprennent plusieurs thèmes récurrents du Plan de mobilité durable déposé par le maire Régis Labeaume la semaine dernière. «Il faut que ça soit cohérent avec le plan de la Ville de Québec», reconnaît Marc Rondeau, directeur général de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). Le maire Labeaume est d'ailleurs président du conseil de la CMQ.

«Le plan de M. Labeaume, ce sont les équipements, les infrastructures, ajoute M. Rondeau. Pour la CMQ, le but, c'est de déterminer comment l'aménagement du territoire peut servir ces équipements et le principe de mobilité durable. Tout le monde est d'accord là-dessus : il faut que le développement aille là où il y a du transport.»

 

Source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201006/19/01-4291745-etalement-urbain-statu-quo-impensable-pour-130-elus.php

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