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Nouvelles

5 juillet 2010

L'étalement urbain: plus qu'une question d'eau potable

Un débat s'est engagé récemment à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) entre le préfet de la MRC de la Jacques-Cartier, le maire de la ville de Lac Beauport et celui de la ville de Québec concernant la limitation de l'étalement urbain dans le bassin versant des prises d'eau de Québec. L'objectif: protéger la qualité de l'eau des rivières St-Charles et Montmorency. Bien que ce but, soit de préserver la qualité de l'eau dont s'abreuvent plus de 300 000 personnes, soit plein de bon sens, la réduction de l'étalement urbain se justifie également pour une raison encore plus importante. En effet, les conséquences de l'étalement urbain sur l'environnement sont considérables et s'étendent sur de telles périodes que ça en fait un enjeu environnemental majeur.

Conséquences environnementales de l'étalement urbain

Mentionnons d'abord que la région de Québec est déjà très étalée, conséquence de la construction d'autoroutes dans toutes les directions. On a favorisé ce que J. F. Lefebvre, Y. Guérard et J.P. Drapeau ont qualifié de «trilogie du gaspillage: auto-bungalow-banlieue» dans leur excellent livre «L'autre écologie».

Parmi les conséquences environnementales de l'étalement urbain, mentionnons la multiplication des automobiles (deux ou trois par maison), l'augmentation des déplacements de toutes sortes, l'accroissement des dépenses énergétiques de chauffage pour une maison isolée comparé à un jumelé (-15%) ou une maison en rangée (-30%).

Si l'on compare une densité moyenne d'un quartier de duplex avec un quartier de bungalow, il faut beaucoup plus d'infrastructures: rues, trottoirs, égouts, aqueduc, éclairage de rues. De même les services coûtent plus cher: déneigement, enlèvement des ordures, service de récupération, distribution d'électricité, de gaz naturel, de téléphone, de service postal et bien d'autres.

Solution

La seule solution à l'étalement urbain est la densification des quartiers centraux. Il ne faut surtout pas chercher à améliorer les performances des fosses sceptiques pour pouvoir continuer la construction à Stoneham et à Lac Beauport, par exemple.

La Ville de Québec doit faire en sorte de rendre l'achat et la construction de logis à proximité du coeur de Québec plus attrayants en termes de qualité de vie et concurrentiels sur le plan du coût. À ce chapitre, l'acquisition de blocs de terrains vacants par la Ville pourraient servir à les soustraire à la spéculation et ainsi préserver les augmentations de prix excessives. Ceci pourrait être complété avec une humanisation de la ville, c'est-à-dire conserver suffisamment de parcs et d'espaces verts, prévoir des services de proximité comme on retrouve, par exemple, dans les secteurs de la rue Cartier, de l'avenue Maguire et de la 3e Avenue.

Avenir

La densification du centre-ville et de la première couronne est vraiment la voie d'avenir pour l'aménagement de la ville de Québec et la région. Il ne faut pas oublier qu'à chaque fois qu'une maison se construit à Val Bélair, par exemple, il y a au moins une auto supplémentaire, sinon deux, qui fera le déplacement pendulaire Val Bélair-Québec puis Québec-Val Bélair tous les jours, soit environ 80 km, et ce pendant plus de 100 ans, soit l'espérance de vie d'une maison standard. Comme on peut le voir, le développement résidentiel est très structurant et a des conséquences sur de nombreuses années.

Donc, il ne faut surtout pas limiter le débat de l'étalement urbain à la nécessité de protéger les prises d'eau potable, nous passerions à côté d'un des problèmes environnementaux les plus importants.

Pascal Grenier
L'auteur, qui habite Québec, se définit comme un simplicitaire

Source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201006/30/01-4294579-letalement-urbain-plus-quune-question-deau-potable.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_points-de-vue_794_section_POS3

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