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Nouvelles

17 août 2010

L'agriculture urbaine est en vogue

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L'agriculture urbaine a le vent dans les voiles

La Terre de chez nous, le 15 août 2010 - Les promoteurs de l'agriculture urbaine ont de grandes ambitions sociales qui s’inscrivent dans la vogue mondiale qui veut ramener l’agriculture en ville et s’en servir comme tremplin dans le cadre d’actions communautaires pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

Les agriculteurs peuvent dormir tranquilles, les tracteurs articulés ne sont pas prêts d’arpenter les toits des gratte-ciel de Montréal. L’agriculture urbaine a des visées beaucoup plus modestes du point de vue des volumes de productions agricoles.

« L’agriculture urbaine nous permet de parler de grands enjeux sociaux », explique Jean-Philippe Vermette du Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD), celui-là même qui s’est fait connaître il y a quelques jours comme porte-parole de la campagne pour inciter les Montréalais à élever des poules dans leur cour. « Pour nous la poule n’est qu’un symbole, c’est dommage que nos interventions n’aient été prises qu’au premier degré. Par-delà les poules, il y a toute la conception de la ville qui est à revoir; c’est pourquoi nous demandons une consultation publique sur l’agriculture urbaine à Montréal.

Ce que nous souhaitons, ce sont des citoyens plus engagés qui s’impliquent dans leur milieu de vie », a-t-il déclaré à la Terre. Jean-Philippe Vermette, étudiant de maîtrise en sciences de l’environnement à l’UQÀM, insiste sur le sérieux de la démarche entreprise par son groupe de pression qui compte déjà 30 membres actifs. Il se réjouit qu’un cours de trois crédits de maîtrise soit offert à l’UQÀM sur l’agriculture urbaine. De plus, au moment de notre passage à l’UQÀM, l’École d’été sur l’agriculture urbaine dispensait une formation d’une semaine. Une activité financée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Balades-découvertes

L’agriculture urbaine peut compter sur plusieurs supporteurs et pas seulement sur des étudiants de l’UQÀM, de l’Université McGill et de l’Université Concordia, des institutions qui sont toutes impliquées dans ce mouvement. Elle bénéficie aussi de l’appui de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ) et de l’organisme Le Coeur des sciences, un centre culturel mis sur pied par l’UQÀM. Ces derniers étaient les organisateurs, le 5 août dernier, d’une balade-découverte à l’intention des journalistes. Le but, découvrir comment l’agriculture urbaine se vit dans les quartiers Ville-Marie (centre-ville) et Villeray, rencontrer des jardiniers passionnés et en apprendre sur leurs techniques. Notons que cette activité est également offerte au grand public. Elle a connu un tel succès que des visites supplémentaires ont dû être organisées. Les visiteurs se rendent sur des toits du centre-ville, dans des jardins communautaires, dans les cours privées des habitations Jeanne-Mance et discutent avec les jardiniers. On leur explique les méthodes de cultures en bacs et on leur fait découvrir de nouveaux fruits et légumes. « L’agriculture urbaine à Montréal participe à la revitalisation des quartiers par son dynamisme et sa diversité. Elle constitue une stratégie de développement urbain innovante alliant les saines habitudes de vie, le système alimentaire local et le développement durable », conclut Manon Barbe, la présidente de la CRÉ de Montréal.

Source: http://www.laterre.ca/alimentation/quand-lagriculture-devient-un-mouvement-social/

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L'agriculture s'installe en ville

Courrier international, le 11 août 2010 - Jardins partagés et fermes urbaines essaiment dans les grandes métropoles du monde entier. L'hebdomadaire allemand Der Spiegel raconte une expérience récente dans un quartier multiethnique de Berlin.

À Berlin, sur la Moritzplatz, là où se rejoignent les quartiers de Kreuzberg et de Mitte dans un univers de béton, là où la plupart des Berlinois ne font que passer, la ville s'est transformée en campagne. Dans le Prinzessinnengarten [jardin des Princesses], tout le quartier sarcle, arrache et remue la terre : jeunes et vieux, universitaires et travailleurs, Turcs, Russes et Allemands. Dans les années 1920, un magasin se dressait à cet emplacement. Aujourd'hui, sur le terrain vague, non loin du mur qui divisait jadis les deux Allemagne, poussent des légumes et des herbes certifiés bio originaires des quatre coins de la planète.

Pour fêter le début de l'été, des immigrés du quartier de Kreuzberg repiquent des plants qu'ils ontfait pousser dans leur appartement. Menthe turque, coriandre marocaine, ignames africaines : chacun a sélectionné un produit typique de son pays d'origine. Lin Lijun promène un arrosoir rempli d'eau dont elle abreuve méticuleusement ses jeunes pousses. "Des courges chinoises", précise-t-elle. "Je les ai fait pousser dans ma salle de bain."

L'idée d'amener l'agriculture en ville n'est pas neuve. Déjà, dans les années 1970, les premiers community gardens voyaient le jour à New York : parterres de fleurs et carrés de légumes devaient servir de ciment social face au délabrement des quartiers. Jardiner au cœur de la ville : aux Etats-Unis, ce modèle apparaît pour beaucoup désormais comme le début de la fin de l'agriculture moderne. Detroit, l'ancienne capitale de l'automobile, passée de près de 2 millions d'habitants à moins de 900 000, est en train de mettre sur pied le plus vaste projet de ferme urbaine au monde.

Mais cette vague traverse tout le pays : le mouvement Slow Food, qui prône la consommation de produits de terroir et de saison, rêve de transformer non seulement les friches industrielles, mais aussi les cours de récréation de tous les Etats américains en "paysages fertiles". Pour le militant antimalbouffe américain Michael Pollan, l'agriculture urbaine constitue, du fait de la hausse du prix du pétrole, le seul moyen de parvenir à un mode de vie durable dans les grandes villes. Lorsque, au XIXe siècle, l'industrialisation a poussé les hommes vers les centres urbains, les jardins se sont installés à leurs portes. Aujourd'hui, grâce aux sites industriels désaffectés et au recul du nombre de citadins, les emplacements libres pour les cultures sont de plus en plus nombreux. Sans compter que la baisse des salaires et les pertes d'emplois renforcent la tendance actuelle à l'autosuffisance alimentaire. Des métropoles qui affichent une croissance dynamique misent elles aussi sur le jardinage urbain : des villes de plusieurs millions d'habitants comme Shanghai, Hong Kong et Singapour encouragent l'agriculture intra-urbaine depuis des années déjà, à la fois comme source de produits vivriers et de revenus.

À Cuba, l'agriculture urbaine fait même partie du programme politique officiel. Tout a commencé lors de l'effondrement de l'Union soviétique, quand les livraisons d'engrais vers le pays frère socialiste ont cessé. A La Havane et à Santiago, la agricultura urbana assure depuis lors 90 % de l'approvisionnement en produits frais.

Les fermes d'Etat des grandes villes cubaines ont aussi inspiré Robert Shaw et Marco Clausen, les créateurs des potagers berlinois. Dans leur Prinzessinnengarten, cependant, l'autosuffisance alimentaire n'est pas la priorité. Cultiver des légumes sert avant tout à promouvoir l'esprit communautaire dans un quartier multiethnique, à favoriser les échanges entre nationalités et générations et à renforcer la compréhension mutuelle. "Dans les jardins ouvriers, c'est le désir d'être chez soi qui prédomine. Chez nous, au contraire, les gens se rencontrent", résume Robert Shaw. "Et les cultures vivrières sont idéales pour cela", ajoute Marco Clausen. "L'alimentation, c'est le vrai dénominateur commun de tous les humains, partout."

Aux côtés des deux jardiniers bénévoles, ce sont essentiellement les vieux immigrés qui transmettent leurs connaissances aux jardiniers-citadins du quartier. "Jusque-là, beaucoup d'enfants et de jeunes ne savaient pas d'où venaient les légumes, ils n'avaient encore jamais vu pousser de carottes", raconte Marco Clausen.

Les personnes soucieuses d'avoir une alimentation saine sont séduites par la possibilité de cultiver leurs légumes elles-mêmes dans le jardin. Car, pour beaucoup, acheter bio ne suffit plus. La lutte contre le réchauffement climatique est également une composante du projet, car l'acheminement des denrées alimentaires dans les villes représente une part importante des émissions de dioxyde de carbone. Une chose, cependant, distingue le potager berlinois de ses modèles internationaux. Le jardin partagé de Kreuzberg est entièrement transportable. Marco Clausen et Robert Shaw ont baptisé leur entreprise Nomadisch Grün [Vert Nomade]. Un nom qui a valeur de programme : le Prinzessinnengarten n'a pas besoin de terre. Salades, radis et fenouil poussent dans des caisses à pain en plastique, les plants germent dans des bouteilles en plastique faisant office de serres miniatures et le Gartencafé [café du Jardin] se sert de vieux conteneurs, qui tiennent lieu de comptoir, de réserve à provisions et de cuisine les jours de mauvais temps.

Reste que le potager, installé sur les quelque 6 000 mètres carrés de terrain vague, possède un bail à durée déterminée. Une contrainte imposée par la municipalité de Berlin, qui s'est réservé la possibilité de vendre le terrain à tout moment. Il faudra alors que le Prinzessinnengarten déménage. Aucun problème, assurent ses animateurs.

"Comme on cultive dans des caisses, les cultures sont indépendantes de la qualité du sol", explique Marco Clausen. Humus en bas, terre en haut : de cette manière, le légume trouve à la fois les substances nutritives et la chaleur dont il a besoin, mais échappe aux polluants. Dernière idée en date de ces citadins créatifs : la culture de pommes de terre en sac. Toutes sortes de variétés anciennes sont ainsi cultivées dans des sacs de riz, comme la bleue de Suède et la Bamberger Hörnchen. Les nouveaux tubercules sont toujours recouverts de terre. "Quand le sac est plein, il suffit de le retourner", explique Robert Shaw, pour présenter la méthode de récolte peu conventionnelle.

En France La vogue des jardins partagés

En France, le premier "jardin partagé" (ou "communautaire", comme on les appelle dans le Nord) a été créé à Lille en 1997. Depuis une dizaine d'années, ce nouveau type de jardins collectifs, entretenus et gérés par des associations d'habitants, s'est multiplié dans les villes françaises. Il y en a une cinquantaine actuellement à Paris, 18 dans la région Nord-Pas-de-Calais, 8 à Bordeaux, 7 à Strasbourg. Dans ces jardins de quartier, on cultive des légumes et des fleurs dans le respect de l'environnement. Jeunes et vieux s'y côtoient et l'échange de savoir-faire est la règle.

Ces jardins se sont développés dans le sillage des "jardins ouvriers", nés à la fin du XIXe siècle de la volonté de philanthropes de mettre gracieusement à la disposition des plus démunis des

parcelles de terre afin qu'ils puissent produire ce dont ils avaient besoin. Après la Seconde Guerre mondiale, on a préféré l'appellation "jardins familiaux", quand la vocation alimentaire de ces espaces s'est amoindrie et qu'ils sont devenus des lieux de loisirs pour un public populaire.

À Paris, où le mouvement des jardins partagés est né d'occupations spontanées de friches et de terrains vagues, la municipalité encourage le développement de ces jardins collectifs depuis 2003 via son programme "Main verte". Mais les terrains prêtés par la municipalité aux associations qui gèrent les jardins sont, comme dans le cas cité par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel à Berlin, alloués pour une période temporaire.

Source: http://www.courrierinternational.com/article/2010/08/11/l-agriculture-s-installe-en-ville

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En photos ...

Nous vous invitons aussi à feuilleter l'album photo offert par GaïaPresse au lien suivant: Avoir un lopin de terre à Montréal, c'est dans ma nature!

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