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Nouvelles

19 août 2010

Le Quartier Nord gagne à être connu

Le Quartier Nord, connu aussi sous le nom de quartier Champlain à Salaberry-de-Valleyfield, n'a pas toujours eu bonne réputation. Au fil des dernières années, plusieurs changements y ont été apportés, si bien qu'il est maintenant plus agréable de déambuler dans ses rues.

Toutefois, peu de gens de la nouvelle génération savent que ce quartier d'ouvriers a connu une prospérité économique intéressante durant la première moitié du 20e siècle avec des industries florissantes, telles que la Montreal Cotton.

Christiane Gerson et André Barrette, du Comité du patrimoine des anciens quartiers (CPAQ) font découvrir le Quartier Nord, à partir de visites guidées, tous les dimanches après-midi du mois d'août (13 h au Centre Garneau) ainsi que le 26 septembre lors des Journées de la culture.

Selon Mme Gerson, la mission du CPTAQ consiste, entre autres, à «ne pas effacer la mémoire du Quartier Nord comme on a effacé la mémoire du vieux canal de Beauharnois».

Dimanche dernier, LE JOURNAL s'est joint à Christiane et André, de même qu'à Pierre Gervais et Nicole Perreault, un couple de Montréal, arrondissement d'Anjou, qui effectuait la visite guidée. M. Gervais a déjà demeuré sur la rue Penon dans le quartier Nord, au début des années 50.

Après une présentation visuelle au Centre Garneau, la visite a débuté par une rencontre des membres de la Garde Champlain au sous-sol de l'église Sacré-Cœur. Le doyen de la Garde, Georges-Émile St-Onge, a expliqué le rôle qu'a joué l'organisation dans le développement communautaire, culturel et sportif du quartier depuis sa création par le curé Aimé Hébert, en 1927.

Tournée à pied

Par la suite, livret d'accompagnement en main, ce fut la visite à pied dans certaines rues du quartier et de ses maisons avec toute l'histoire qui s'y rattache. De la rue Alphonse-Desjardins (anciennement Saint-Laurent) à Saint-Hippolyte, en passant par les rues Penon, Saint-Charles, May, Buntin, Hermine et à nouveau Alphonse-Desjardins, Saint-Charles, Hébert et Saint-Paul.

Pierre Gervais, qui effectuait la visite guidée
en compagnie de sa conjointe Nicole Perreault,
s'est remémoré des souvenirs en passant
devant son ancienne demeure de la rue Penon.

Au fil de la marche, André et Christiane ont identifié les maisons et les commerces qui ont laissé des traces et des souvenirs au fil du temps, dont entre autres la maison Sullivan (rue Alphonse-Desjardins, coin Saint-Hippolyte), la maison Barrette (rue Saint-Charles), la maison de la première caisse populaire Sacré-Cœur (rue Saint-Charles, coin May), l'écurie pour les chevaux (rue May), le magasin Latour & Frère, le magasin Cholette, le commerce de bicyclettes de Pit Lefebvre et la cannerie McMeachen (rue Alphonse-Desjardins).


Ce bâtiment a déjà abrité le magasin Cholette
sur la rue Saint-Laurent,
devenue aujourd'hui Alphonse-Desjardins.

«Les jeunes du quartier travaillaient à la cannerie en été et par la suite ils entraient à la Cotton», explique Christiane Gerson.

À une certaine époque, le Quartier Nord était le plus populeux de Valleyfield. Il y avait six épiceries et six barbiers. Il fallait donc qu'il y ait des familles pour faire vivre ces commerces.

De la rivière May à la rue May

La plupart des bâtiments du Quartier Nord ont été érigés depuis la seconde moitié du 19e siècle. Les matériaux utilisés pour construire les maisons s'avéraient souvent les surplus de construction des industries locales et d'autres matériaux recyclés. Chaque famille construisait sa maison avec l'aide de ses voisins. Vers les années 1875, Salaberry-de-Valleyfield était considérée comme la plus importante ville industrielle du Canada.

D'autre part, comment expliquer la largeur de la rue May par rapport aux autres artères du quartier? «Il y a déjà eu une rivière à cet endroit jusqu'en 1915-1920. Lorsque le lit de la rivière May s'est asséché, le fond a été rempli et c'est devenue la rue May», révèle André Barrette.

D'après certains témoignages historiques, l'eau de la rivière May s'écoulait de la baie Saint-François jusqu'à un bassin pour alimenter les industries situées en bordure de la baie. Par la suite, l'eau continuait son parcours jusqu'à la rue Saint-Hippolyte et se jetait dans la rivière Saint-Charles.

Finalement, l'existence de la Petite-Île, un secteur du Quartier Nord, est liée étroitement à la rivière May. Vers les années 1890-1900, les gens qui demeuraient entre les rivières May et Saint-Charles ou plus précisément entre les rues Penon et Récollet résidaient sur la Petite-Île, par opposition à la Grande-Île, localisée un peu plus loin.

Source: http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Le_Quartier_Nord_gagne_a_etre_connu.html?ArticleID=657483

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