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3 septembre 2010

A Pantin, les enfants chauffent eux-mêmes leur nouvelle école écolo

Ne dites pas aux élèves de se calmer, ils chauffent le bâtiment ! A l'école maternelle et élémentaire Saint-Exupéry de Pantin (Seine-Saint-Denis), l'énergie des enfants n'est pas dépensée que dans l'apprentissage. Tout bardé de bois, le groupe scolaire, qui accueillait, jeudi 2 septembre, ses 300 premiers élèves au bord du canal de l'Ourcq, est le troisième de France conçu pour produire plus d'énergie qu'il n'en consomme. Et le plus avancé pour ce qui concerne le respect de l'environnement.

Cette rentrée tombe au moment où la Commission européenne lance un grand concours, le 16 septembre, auprès de milliers d'écoles primaires et secondaires, pour encourager des pratiques moins voraces en énergie.

"Nous avons poussé tous les curseurs au maximum, tout en travaillant dans une philosophie de frugalité, quand les normes de construction poussent plutôt à la consommation de matériaux", indique l'architecte Emmanuelle Patte, de l'atelier Méandre.

L'école n'est pas climatisée et n'allumera qu'au plus froid de l'hiver le chauffage par géothermie, grâce à une conception bioclimatique qui optimise l'apport du soleil, à une isolation drastique, à une ventilation à récupération de chaleur et à de grandes baies à triple vitrage. La plupart du temps, la présence des enfants suffira à tiédir les onze classes.

Si les élèves sont espérés actifs, les trois bâtiments de l'école, eux, sont quasiment "passifs". Leur consommation, tous usages compris, sera de 22 kWh/m2/an. Dix fois moins qu'un bâtiment aux normes actuelles. "C'est la cuisine, avec ses équipements de cuisson et de froid, qui nous a posé le plus de problèmes, malgré le chauffe-eau solaire", raconte l'architecte.

CHALET URBAIN

Pour atteindre l'objectif zéro énergie, plus de 1 100 mètres carrés de panneaux photovoltaïques couvrent les trois toits. De quoi revendre à EDF 110 500 kWh par an.

Reste à soumettre ces calculs à l'épreuve du réel. A Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne, la première école "zéro énergie", inaugurée en 2007, consomme finalement 24 kWh/m2/an. "Il nous manque 200 m2 de panneaux solaires et encore pas mal d'enfants par rapport à la capacité réelle", explique François Delapierre, chargé de mission développement durable dans cette ville.

Le risque de sous-utilisation semble a priori écarté à Pantin. "Tout le monde veut s'inscrire à Saint-Exupéry, je n'ai jamais reçu autant de demandes de dérogation", s'étonne le maire (PS) de la ville, Bertrand Kern. Il faut dire que, avec ses allures de chalet urbain, l'école attire l'oeil dans ce quartier en mutation, où l'architecture proprette des nouvelles résidences gomme peu à peu l'histoire industrielle du canal. "C'est ici le nouveau coeur de Pantin, l'école en est le fleuron", estime le maire. Un fleuron coûteux : 14 millions d'euros, soit un surcoût de 20 % à 25 % par rapport à une école classique, qui pourrait être amorti en trente ans.

Mais y fera-t-il bon vivre, dans cette école écolo ? On peut le penser, au vu d'une architecture qui ne sacrifie pas confort quotidien et surprises ludiques au paradigme vert. Cela vaut mieux : sa réussite dépendra largement de la volonté des équipes de jouer le jeu du développement durable, quitte à changer leurs habitudes. Ce sera l'axe prioritaire du projet pédagogique.

Source: http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/02/a-pantin-les-enfants-chauffent-eux-memes-leur-nouvelle-ecole-ecolo_1405846_3244.html

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