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Développement social, vol. 11 no 1 mai 2010 - Lors de la création de la nouvelle ville en 2002, Gatineau s’était dotée d’un service des loisirs, des sports et de la vie communautaire, tous regroupés sous le module Culture et loisirs. En 2009, le module a été aboli et le service des loisirs, des sports et de la vie communautaire a été rattaché à la division Qualité de vie. Cette dernière regroupait déjà les commissions Gatineau, Ville en santé, Jeunesse, Aînés et famille ainsi que le Comité sur l’accessibilité universelle. Elle était également responsable de l’élaboration de la politique en développement social.
Afin de mieux représenter cette nouvelle intégration dans la division de la qualité de vie, et cherchant à mieux refléter les valeurs et les préoccupations de la ville et des milieux, le service a opté pour un nouveau nom en 2009, soit celui du Service des loisirs, des sports et du développement des communautés. Agathe Lalande, chef de la division Qualité de vie et développement communautaire, nous explique comment, de cette façon, le mariage loisir-municipalité peut se déployer à trois lorsqu’on inclut la notion de communauté.
Depuis les fusions municipales en 2002, une série de décisions gouvernementales ont modifié les compétences municipales et nécessité des changements administratifs dans la plupart des villes au Québec. Ces transformations ont obligé les villes à se questionner sur les orientations à prendre et les approches à adopter. Gatineau ne fait pas exception. De fait, comment concilier logiques descendantes et pratiques émergentes ? Plus spécifiquement, comment rapprocher les besoins des communautés des différentes obligations gouvernementales ? À l’occasion de divers dossiers (adoption d’une politique familiale, élaboration d’une politique en développement social et d’un cadre de soutien à l’action communautaire, adoption du cadre de référence Gatineau, Ville inclusive pour les personnes handicapées et à mobilité réduite, et démarche (Municipalité amie des aînés), la ville de Gatineau et ses artisans ont réfléchi, et réfléchissent toujours, à la meilleure façon de bien arrimer ces différentes initiatives tout en tenant compte des communautés et de ses différents acteurs.
Toute une gamme d’actions communautaires est réalisée dans chacun des centres où sont offerts les services de proximité, et pas seulement depuis la fusion de la nouvelle ville. Pour Gatineau et ses partenaires, la vision est claire : le développement des communautés prend racine dans les quartiers. La mise en place de la politique de développement social avait entre autres pour objectif de mettre ces derniers au coeur des interventions de la ville. Comment cette vision atterrit-elle dans l’action, dans la sphère des loisirs notamment ? Des agents et agentes de développement en loisirs travaillent, dans chacun des centres de services, en collaboration avec les associations de quartiers et de citoyens, à identifier les besoins spécifiques au milieu. Selon Agathe Lalande : « La venue de la division Qualité de vie a apporté au service une dimension plus large du loisir, du sport et de la vie communautaire. L’objectif poursuivi est de soutenir les communautés selon une approche globale, que l’on parle d’environnement, de sécurité publique, ou d’urbanisme ». Les ponts se construisent ainsi plus facilement avec d’autres acteurs. Agathe Lalande précise : « Il faut savoir que même avant ces transformations et l’adoption de la politique de développement social, nous faisions déjà beaucoup d’actions en ce sens ».
Est-ce que ces changements augmentent sensiblement la participation publique, laquelle est revendiquée par les mouvements sociaux et la population et que les municipalités appellent maintenant une « valeur » ? Est-ce que les différents quartiers sont en mesure d’identifier leurs propres besoins en loisirs, en rendant par exemple les infrastructures plus accessibles au plus grand nombre ? Agathe Lalande commente : « Dans plusieurs milieux plus défavorisés, via les maisons de quartiers, il y a une réelle prise en charge pour permettre l’accès aux loisirs et une meilleure information. Maintenant, ce serait vraiment bien de pouvoir étendre ce sentiment dans tous les milieux éventuellement ».
On le sait, chaque quartier jouit d’un potentiel et d’un capital qui lui permettraient d’actualiser son développement; pour l’un, il s’agit de la présence d’organismes communautaires, pour l’autre de ressources naturelles, et pour d’autres encore d’une solidarité qui permet de rêver ensemble à l’amélioration de la qualité de vie. Même si l’organisation est encore embryonnaire, la Ville de Gatineau souhaite appuyer les initiatives existantes, en reconnaissant le potentiel distinct de chacun des quartiers. Selon Agathe Lalande, soutenir ces actions est primordial : « On souhaite que les gens se sentent fiers, participent à des projets qu’ils choisissent parce qu’ils connaissent leur milieu, tout ça afin de développer le sentiment d’appartenance, créer le tissu communautaire et favoriser une meilleure cohésion sociale. »
Source: à la page 35 ... http://www.inspq.qc.ca/developpementsocial/rds/rds-dn.pdf#page=1