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L'actualité, le 29 octobre 2010 - Arvida voit grand. Ce secteur de Saguenay rêve de voir son nom figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, aux côtés des pyramides d’Égypte, de la muraille de Chine et de quelque 900 autres sites et biens ayant «une valeur universelle exceptionnelle».
La ville a été fondée - et baptisée - en 1926 par ARthur VIning DAvis, président d'Alcoa, pour loger les ouvriers de cette aluminerie (et plus tard ceux d'Alcan). «Arvida est le concept urbain intégré le plus achevé de l'Occident du 20e siècle», dit Lucie K. Morisset, professeure d'études urbaines à l'Université du Québec à Montréal et auteure d'un livre à ce sujet. Avec ses rues incurvées pour ralentir la circulation et ses nombreux parcs et espaces verts, Arvida se démarquait des autres villes d'entreprise.
Carl Dufour, conseiller municipal de Saguenay, souligne aussi le rôle central - et méconnu - joué par Arvida pendant la Deuxième Guerre mondiale. Protégé par des canons antiaériens, le complexe Alcan était la plus importante aluminerie au monde et fournissait les constructeurs des avions militaires des Alliés. « Sans Arvida, les Allemands auraient peut-être gagné la guerre », lance-t-il.
Arvida devra d'abord soumettre son projet à Parcs Canada, qui enverra ensuite une liste de candidatures à l'Unesco. Une quinzaine de sites canadiens sont reconnus par cette organisation, dont les Rocheuses et le Vieux-Québec.
Source: www.lactualite.com/societe/apres-les-pyramides-arvida
En 1925, l'Aluminum Company of America, stimulée par l'effort de la Première Guerre mondiale, choisit d'implanter à quelque 250 kilomètres au nord de Québec une ville autour de sa nouvelle usine. Arvida, comme on la nomma, deviendrait le projet urbain le plus ambitieux de l'Amérique du Nord.
Digne concrétisation de la Cité industrielle de Garnier, Arvida mérite une place à part dans l'histoire : méticuleusement planifiée et construite par sa compagnie-mère, devenue Alcan, la ville, aujourd'hui intégrée à celle de Jonquière, est devenue le miroir, voire la tête d'affiche, de l'épopée urbaine du XXe siècle en Amérique. Les expérimentations sur l'habitat ouvrier, sur la construction standardisée, sur le tracé des villes et sur la stylistique architecturale s'y sont matérialisées, connaissant là souvent leurs premiers balbutiements en terre québécoise. En 1950, vingt-cinq ans après sa fondation, Arvida, capitale mondiale de l'aluminium, était devenue symbole de modernité.
L'image spectaculaire en subsiste, aujourd'hui. Celui qui survole Arvida la découvrira avec étonnement, puisque l'histoire a oublié la ville : projet étasunien en terre québécoise, d'abord renié par les Canadiens fervents de la Garden City que la ville n'épousait pas, décrié par les traditionalistes opposés à l'industrialisation, ou éclipsé, aux États-Unis, dès que l'Alcoa céda la ville aux mains étrangères canadiennes, Arvida n'eut pas toujours la presse facile. Pourtant, au-delà des frontières, c'est à l'Amérique tout entière que son paysage, inégalé, appartient.
Abondamment illustré de plus de 300 photographies et dessins, cet ouvrage, histoire de l'architecture et histoire de la forme urbaine, présente la naissance et l'évolution d'Arvida, depuis la " ville construite en 135 jours " des années 1920 jusqu'à la diffusion des préoccupations fonctionnalistes de l'après-guerre, auxquelles le vouloir d'image de la compagnie n'a jamais cédé le pas. Bien au contraire : entre les mains d'architectes réputés, à l'heure de gloire des banlieues, Arvida est aussi devenue la terre de prédilection du débat identitaire qui marquerait le paysage bâti occidental. Entre régionalismes et internationalisme, de la City Beautiful à la Charte d'Athènes, Arvida, cité modèle, invite à la découverte de grandes aventures : celle des villes et celle du XXe siècle américain.
Historienne d'architecture, Lucie K. Morisset est professeure au Département d'études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal et chercheure au Centre d'études interdisciplinaires sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT) de l'Université Laval. Elle a publié plusieurs ouvrages et rapports de recherche sur l'architecture et la forme urbaine au Québec.
Éditions du Septentrion, en collaboration avec le CELAT et l'Institut de géoarchitecture
ISBN 2-89448-129-2, 1998
251 pages, 25 $
Source: www.celat.ulaval.ca/hors_arvida.htm
C’est le potentiel hydroélectrique qui est à l’origine de l’intérêt que portera l’Aluminum Company of America (Alcoa) pour la région. En effet, pour produire de l’aluminium, il faut soumettre l’alumine au procédé d’électrolyse qui demande une importante quantité d’électricité. Sous la direction d’Arthur Vining Davis, l’Alcoa va acquérir, entre Jonquière et Chicoutimi, les terrains nécessaires à la construction d’une aluminerie et d’une ville de compagnie. En 1925, on y débute la construction de l’usine qui sera alimentée par la centrale hydroélectrique Ilse-Maligne, située sur la Grande Décharge du lac Saint-Jean. Dès juillet 1926, les premières cuves vont fournir de l’aluminium fondu.
Les travaux de la ville de compagnie commencent en 1926; les 270 résidences de la phase originale seront construites en 135 jours. Elle est incorporée comme cité la même année sous le nom d’Arvida, en l’honneur de son fondateur qui sera aussi le principal fondateur de l’Alcan. Contrairement au paysage monotone des villes de compagnie, Arvida se distingue par son paysage hétérogène avec 35 types différents de résidences construites durant la phase originale de 1926-1927. Avec son plan d’urbanisme, son architecture remarquable et ses nombreux espaces verts, elle est considérée comme une cité modèle en Amérique parmi les villes de compagnie.
Pour protéger l’infrastructure industrielle essentielle à l’effort de guerre (installations de l’Alcan, barrages et centrales hydroélectriques, installations portuaires de Port-Alfred) et pour entraîner les pilotes du Commonwealth, on lance la construction de la base aérienne de Bagotville durant l’été de 1941. L’ouverture officielle de la base aura lieu en juillet 1942. Près de 1000 militaires du Commonwealth y recevront leur diplôme de pilote. En janvier 1945, la base est fermée. Elle va réouvrir en 1951 dans le contexte de la Guerre froide. Aujourd’hui, la présence de cette base qui emploie plus de 1500 personnes est un atout important pour l’économie de Saguenay.
Pulperie L’industrie de l’aluminium est un secteur important de l’économie de Saguenay. Elle a marqué considérablement le paysage de la ville avec ses infrastructures industrielles gigantesques. De nos jours, la région se tourne vers l’avenir pour diversifier ce secteur industriel avec les deuxième et troisième transformations de l’aluminium.