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Nouvelles

2 février 2011

L'impact du suicide sur le développement des territoires

À l'occasion de la Semaine nationale de la prévention du suicide, Territoires vous offre quelques articles traitant du sujet et touchant, de plus près qu'on ne le pense, les territoires que nous habitons.

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1) Défi 4000 signatures en Chaudière-Appalaches -
2) Seule la détresse au rendez-vous ? -
3) Le maire Gendron à la rescousse des villages -
4) Lettre à Vincent -

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Défi 4000 signatures en Chaudière-Appalaches

Écrit par AQPSAQPS le 31 janvier, 2011 à 16 h 09 min

Défi Ajouter ma voix
La population de Chaudière-Appalaches se mobilise pour prévenir le suicide

Tandis que démarre la 21e Semaine nationale de prévention du suicide à travers toute la province, les organismes de la région de Chaudière-Appalaches se démarquent par leur grand engouement à mobiliser la population de leur territoire.

A l’initiative de l’Agence de la santé et des services sociaux, de multiples partenaires de la région se sont lancé le défi d’atteindre 4000 signataires pour la déclaration Ajouter ma voix. Ce chiffre correspond à 1 % de la population régionale. Des objectifs ont été fixés pour chaque MRC et la progression du défi peut être consultée au www.prevenirlesuicide.com. Ainsi, sur le terrain, des intervenants prennent le temps de présenter et d’expliquer la déclaration afin de recueillir, une à une, les 4000 signatures visées.

« Avec 68 suicides en 2009, la région en compte 10 de moins qu’il y a à peine deux ans en 2007. De tels résultats sont atteints grâce au travail conjoint des réseaux communautaire et public. On remarque dans la région une mouvance, une synergie et une grande implication citoyenne pour la prévention du suicide. », a indiqué Bruno Marchand, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide.

Parce que la prévention du suicide ne concerne pas que ses victimes, Dyane Benoît, Présidente-directrice général par intérim de l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches a souhaité que le nombre de signataires dépasse celui des personnes qui ont été ou seront endeuillées par suicide.

Prenant la parole au nom du Forum jeunesse régional de Chaudière-Appalaches associé au projet Ajouter ma voix depuis novembre dernier, Judith Riopel s’est dite rassurée par la mobilisation constatée. « La prévention du suicide passe par l’implication de chaque citoyen. Chaque jeune peut contribuer au bien-être de sa communauté », a indiqué Judith Riopel, elle-même engagée comme sentinelle pour la prévention du suicide.

Conseiller municipal et membre du conseil exécutif de la Ville de Lévis, Robert Maranda a déclaré : « Même un seul suicide en serait un de trop. Nous seront toujours présents pour supporter toute initiative pour prévenir le suicide dans la ville et dans la région ».

Thérèse Lachance, représentante de la Conférence régionale des élus, Guy Demers, directeur général du Cégep de Lévis-Lauzon et Sylvianne Poirier, directrice de Tél-Écoute du Littoral ont également uni leur voix pour souligner l’engagement exceptionnel des organismes de la région et pour inviter leurs concitoyens à rejoindre le mouvement pour la prévention du suicide, à travers la signature de la déclaration Ajouter ma voix.

La région joue un rôle moteur au Québec : actuellement, 15 % des signataires d’Ajouter ma voix sont en Chaudière-Appalaches, alors que la région compte un vingtième de la population du Québec.

« Le 5 février prochain, la région de Chaudière-Appalaches sera la première à avoir atteint 1 % de sa population ayant adhéré au projet Ajouter ma voix. C’est un chiffre remarquable lorsque l’on sait que pendant des années, le suicide a été considéré comme une fatalité », a assuré Bruno Marchand. Le défi est lancé. Pour le relever, rendez-vous sur www.ajoutermavoix.com.

Source: http://semaine.aqps.info/2011/01/31/defi-4000-signatures-en-chaudiere-appalaches

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Seule la détresse au rendez-vous ?

vendredi, 23 avril 2010 10:06
par Gerard Samet

Des agriculteurs qui parlent de leur détresse et d’autres qui ont encore une vision positive du métier.

Deux fermes disparaissent chaque jour au Québec, selon un recensement récent de l’Union des Producteurs Agricoles. Soit 700 par an sur environ 30 000 fermes. Le choc est rude, marque les esprits et doit être rapproché du taux de détresse psychologique des travailleurs agricoles québécois. Depuis 10 ans, il a non seulement augmenté, mais surtout doublé ces 5 dernières années !

Ce constat de Santé Québec n’est pas le plus implacable, il y a pire. Santé Canada a calculé que le taux de suicide chez les agriculteurs du Québec est deux fois plus élevé que dans la population générale. Beaucoup d’agriculteurs québécois vivent dans un état de panique face à l’incertitude économique et au contexte changeant de leur profession. Ginette Lafleur a rédigé il y a trois ans un rapport visionnaire sur la situation des agriculteurs québécois. « La diminution des revenus et l’augmentation des dépenses sont en tête d’une liste de problèmes et d’exigences auxquels les agriculteurs doivent faire face », écrivait-t-elle. L’état des lieux empire depuis. Il est à l’origine d’une grande détresse agricole. Parce que beaucoup de professionnels ont perdu l’espoir d’un avenir meilleur.

État des lieux d’une situation critique

Au rythme où vont les choses, à quoi ressemblera l’agriculture québécoise dans une dizaine d’années ? Cette question latente cisaille quotidiennement l’estomac des agriculteurs.

« Aujourd’hui, nous sommes écoeurés, moroses, désespérés. Nous travaillons plus pour un revenu moindre », constate Sylvain Michon, producteur de lait à Saint-Hyacinthe. « Il y a vingt ans, les agriculteurs faisaient partie de la petite bourgeoisie. Ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui. Tu n’as plus le revenu pour le travail que tu fais. Ce que tu ressens c’est qu’à l’avenir, il n’y aura pas de place pour tout le monde ». Une peur viscérale s’est donc installée, pour des producteurs qui n’ont plus aucune vision de l’avenir. Qui n’ont surtout plus confiance dans la pérennité du système, même et y compris lorsqu’il s’agit d’une production bénéficiant d’un système de quotas, comme la production laitière. «On a peur que les quotas soient menacés », explique Barbara Paquet, qui est propriétaire de la ferme laitière Roquet, à Saint-Côme Linière. «On travaille de plus en plus, mais avec de plus en plus d’angoisse et de désespoir de ne pas arriver à équilibrer financièrement notre exploitation ». Sylvain Michon attribue cet état psychologique au fait que, selon lui, « les producteurs n’ont plus d’avenir financier ».

Question de taille d’exploitation ou de course à l’équipement dont le coût exorbitant explique grand nombre de situations de surendettement des agriculteurs. « Lorsque nous investissons, il faudrait garder la tête froide, ne pas être influençable et ne pas le faire parce que le voisin le fait ! », constate Barbara Paquet. Mais peut être est-ce une réorganisation latente de la taille des exploitations qui menace les fermes familiales québécoises. « Je ne ressens aucune peur pour l’agriculture, mais une peur pour les agriculteurs », tente d’expliquer Sylvain Michon. « Leur avenir est peut-être de devenir des employés agricoles pour des consortiums propriétaires de terres de 25 000 ha, comme aux États-Unis ! », raille-t-il. Le milieu agricole semble avoir perdu son caractère agréable, bucolique. La nécessaire performance est désormais au rendez-vous. Parce que « l’on exige de plus en plus des agriculteurs, qui doivent obtenir une bonne qualité des récoltes, quelle que soit la météo ! », clame Michel Robert, producteur de Produits laitiers et éleveur bovin en Temiscamingue.

La situation est encore plus grave lorsque les prix de marché chutent

C’est le cas de la production des porcs, qui se trouve dans un secteur hors quotas, où l’assurance de stabilisation des revenus devient insuffisante pour compenser un marché en chute libre. Les producteurs qui ont investi et se sont équipés dans une telle monoactivité se trouvent souvent dans une situation financière si dramatique que leur détresse psychologique s’avère difficile à surmonter. Nathalie Roy est propriétaire d’une ferme porcine à Sainte Brigitte des Sault. Elle accueille les porcelets d’un éleveur qu’elle élève dans une pouponnière ultramoderne. « J’ai tout investi dans mon exploitation où je dispose de 4800 places en pouponnière. Le propriétaire des porcs vient de m’imposer une nouvelle baisse de mon forfait, sans préavis ». Comment pourra t-elle faire face à ses charges, alors que le marché des porcs et les prix se resserrent progressivement, ce qui s’est répercuté sur son client qui dépose ses jeunes porcs en pension chez elle ? « Il ne faut pas de monoactivité », estime-t-elle. Nathalie Roy élève aussi des vaches laitières. « Mes vaches font vivre mes porcs. C’est que j’ai un endettement trop important. Je le vis très mal à cause de la crise du porc. Pour l’instant les banques m’ont accordé des délais. Mais je ne pourrai pas rallonger mes échéances de façon indéfinie ! Les agriculteurs qui vont s’en sortir à l’avenir devront avoir d’autres revenus ou un endettement plus bas que le mien. Tout cela se traduit par des situations de détresse insidieuse, pas toujours avouées, mais dont l’expression la plus évidente est une hausse de la charge de stress. La première raison est sans doute l’extrême fatigue des agriculteurs. « Une charge de travail considérable, souvent de plus de 90 heures/semaine, sans que le revenu ne soit amélioré », prétend Maria Labrecque Duchesneau, qui dirige l’organisme à vocation sociale « Au coeur des familles agricoles ».

(ACFA). Plus qu’un organisme d’ailleurs, un réseau d’entraide destiné en priorité aux personnes en détresse de la communauté rurale. Un premier répondant dans le milieu agricole, avec une approche de prévention en santé mentale. Pour Maria Labrecque Duchesneau, le constat est à la fois simple et accablant. L’épuisement professionnel, la maladie mentale, et les tendances suicidaires sont la conséquence d’une trinité de facteurs : « le taux d’endettement qui progresse, le rythme de plus en plus accéléré des occupations quotidiennes et les exigences croissantes vis-à-vis de la technologie ».

Source: www.lavieagricole.com/index.php?option=com_content&view=article&id=569%3Aseule-la-detresse-au-rendez-vous-&catid=2%3AArticles&Itemid=1

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Le maire Gendron à la rescousse des villages

Dans le documentaire Fous de leur village diffusé dimanche à Canal D, Stéphane Gendron fait état de témoignages bouleversants de gens qui voient leur patelin et leur avenir menacés.

Richard Therrien, Le Soleil

(Montréal) Vous avez 50 ans, avez travaillé dans la même usine durant 30 ans, et ne savez rien faire d'autre. On vous annonce que votre employeur ferme la shop, du jour au lendemain, et vous avez cinq minutes pour vider votre casier. C'est fini. Demain matin, vous restez chez vous, et le surlendemain aussi.

De nombreux travailleurs ont vécu ce drame dans les dernières années, risquant de voir leurs patelins voués à la disparition pure et simple. Avec l'implication de ses con­citoyens, le maire Stéphane Gen­dron a sauvé Huntingdon en rachetant illégalement les locaux d'entreprises qui avaient mis la clé dans la porte, en 2004, quelques jours avant Noël. Interpellé par la question, il a décidé de prendre la route pour constater que plusieurs autres régions vivaient la même précarité.

Le documentaire Fous de leur village, diffusé dimanche à 19h à Canal D, témoigne de son périple. À bord de sa Mustang décapotable, le maire recueille des témoignages bouleversants, notamment celui d'un fermier de Senneterre en Abitibi, qui gagne moins qu'un assisté social en élevant des boeufs. Ou des jeunes qui ne pensent qu'à quitter leur village parce qu'«il n'y a rien à faire ici».

On constate dans le documentaire réalisé par Vincent Audet-Nadeau que les agriculteurs vivent souvent leur drame dans la solitude. Madeleine Houde a trouvé son mari pendu dans la grange en revenant à la maison. L'homme travaillait sans cesse, jour et nuit, pour arriver.

Malgré cet exode massif du milieu rural vers les villes, Stéphane Gendron est néanmoins con­vaincu qu'il y aura un retour du balancier. «Les gens vont redécouvrir cette vie-là qu'on a perdue», dit-il.

D'ailleurs, on conclut l'oeuvre avec des cas encourageants, dont celui d'un jeune couple qui a racheté la ferme d'un homme âgé, et un autre, celui de deux femmes qui ont sauvé de la fermeture l'école de leur village.

Sensible et émotif

Alors qu'on le voit habituellement s'indigner contre divers sujets sociaux, Stéphane Gendron se montre ici sensible et très émotif. Le sujet l'ébranle personnellement, c'est clair.

«Ça fait partie de mon expérience personnelle. Mon père habitait dans un village qui a été fermé», raconte-t-il. Malgré l'intérêt du sujet, l'oeuvre présente quel­ques faiblesses. Stéphane Gen­dron apparaît parfois dans une chambre à coucher, affichant un air larmoyant qui paraît emprunté.

On a constaté au visionnement de presse mardi que M. le maire n'a rien perdu de son franc-parler. À propos de la débandade dans le milieu de la politique municipale actuellement, il ne peut imaginer qu'il y ait encore des élus qui tombent dans le piège de la corruption. Comme maire, il a souvent vu des enveloppes brunes et s'est fait offrir des propositions malhonnêtes, qu'il a toujours refusées.

Il se prononce également sur l'apparition d'un mouvement de droite à Québec. Selon Stéphane Gendron, le Réseau Liberté-Québec propose «une vision de gens qui n'ont jamais exercé le pouvoir». Il qualifie aussi d'«absurde» et de «sauvage» l'idée de licencier 300 000 fonctionnaires et de les priver d'un emploi.

«C'est du vrai monde, ces gens-là!» rappelle-t-il.

Le verra-t-on éventuellement en politique provinciale? «Malheureusement, je vais faire une croix là-dessus», disait-il mardi, certain de mieux exercer son pouvoir à travers les médias. Mais on le sait, le maire Gendron peut encore changer d'idée...

Source: www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/television-et-radio/201011/09/01-4341026-le-maire-gendron-a-la-rescousse-des-villages.php

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- Incontournable -

 

La lettre interactive que Éric Godin
a écrite pour son fils suicidé:
Lettre à Vincent

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