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Sources : Newgeography.com 11/03/10, Radio-canada.ca 23/03/10 et detroitcommunitydevelopment.org
Détroit prend les grands moyens pour que cesse sa décroissance. Abandonnée par la moitié de sa population au cours des 60 dernières années, la ville a présenté en mars un plan de redressement sans égal en Amérique du Nord, le «Neighborhood Revitalization Strategic Framework». Ce rapport propose ni plus ni moins de mettre en oeuvre la première déconstruction organisée et planifiée d'une ville d'importance aux États-Unis.
Certains quartiers de la ville seront tout simplement abandonnés et deviendront des zones rurales ou des parcs. Pour ce faire, l'administration municipale prévoit démolir plus de 10 000 maisons et bâtiments au cours des quatre prochaines années, dont 3 000 d'ici la fin de 2010.
Ce « rapetissement volontaire » de la ville prévoit, par le fait même, le déplacement d'un certain nombre de citoyens. Ainsi, des centaines de personnes devront quitter les quartiers jugés « inutiles » et seront relogées dans des secteurs plus prospères. À cela s'ajoutent une gamme de coupures dans l'administration municipale et un programme qui vise à inciter la population à demeurer dans les limites de la ville.
Chute libre
Détroit plie sous le poids des crises qui se succèdent depuis les années 50. La population est passée de 1,8 million de personnes en 1950 à un peu moins de 900 000 aujourd'hui.
La récente crise dans l'industrie automobile lui a presque été fatale. La fermeture de plusieurs usines et les milliers de pertes d'emplois ont causé un exode jugé dramatique par les administrateurs municipaux. Avec un déficit budgétaire de 300 millions de dollars par année, Détroit n'arrive plus à offrir des services de base à ses résidents. Il y a sur son territoire 33 500 maisons abandonnées, 91 000 lots résidentiels vacants, plus de 300 000 édifices vides ou en ruines. On estime que 40 miles carrés du territoire de Détroit est abandonné.
« C'est une question de rassembler les ressources qui restent, au lieu d'offrir des services de piètre qualité à l'échelle de la ville. »
— Pierre Fillion, professeur en urbanisme, Université de Waterloo.
Des optimistes et des mécontents
Malgré les protestations, le maire de Détroit, Dave Bing, se montre optimiste. Il expliquera son plan de redressement à la population en soirée et tentera d'apaiser les craintes. Le maire devrait insister sur la nécessité, pour les citoyens, de partager sa vision à long terme afin d'espérer un redressement plus ou moins rapide de la situation.
Quelques centaines de fonctionnaires municipaux ont déjà annoncé qu'ils ne lui faciliteraient pas la tâche. Ils entendent manifester contre le plan et, aussi, contre la décision prise récemment de couper leurs salaires de 10 % de même qu'une partie des fonds de pension.
Le maire de Détroit entend se montrer inflexible dans ses objectifs et se donne jusqu'aux prochaines élections municipales, prévues dans trois ans, pour les atteindre.
Sources :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/03/23/010-Detroit-redressement-ville.shtml