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La frontière, Lucie Charest, 12 avril 2010 - Vendredi matin, 9 avril, les élèves du primaire à Laforce ont été en congé forcé. Une poignée de résidents a mis le cadenas sur les portes de l’école du village pour protester contre la fermeture de trois petites écoles au Témiscamingue.
Quelques enfants s’amusaient dans la cour pendant que les grands discutaient autour d’un feu improvisé dans un baril de 45 gallons en métal. «Mon mari est d’ici, ça fait 30 ans qu’il se bat pour que cette école reste ouverte. Nous voulons nous développer, mais arrêtez de tout nous enlever. Laissez-nous tranquilles», a lancé Ginette Morin dans un cri du cœur.
Une qualité de vie
Chacun des 30 manifestants présents est convaincu que lorsque l’école sera définitivement fermée, le village aura perdu son âme. Ces gens sont dignes. Ils revendiquent le droit à un mode de vie qu’ils souhaitent transmettre à leurs enfants et petits-enfants, loin des grands centres, loin des foules. Réunis aujourd’hui autour du feu à se réchauffer les mains, ils partagent tous la même peur au cœur : perdre ce qui pour eux est la meilleure qualité de vie. Et cette peur glace le sang.
Laforce comptait 174 habitants en 2006. D’après le portrait de la municipalité, mis à jour par la MRC en 2007, 70 % n’ont pas complété un 5 e secondaire. Le revenu moyen était de 19 951 $ et la valeur moyenne des habitations 28 511 $.
«Quand l’école sera fermée, des familles vont partir, entrevoit Yan Langlois, agent de développement. Mais elles ne déménageront pas à Ville-Marie, elles quitteront la région. Nous considérons que les consultations avaient été biaisées, nous aimerions reprendre le dialogue avec la Commission scolaire. D’autre manifestations auront lieu.»
Du côté de la Commission scolaire Lac Témiscamingue, la décision rendue en janvier ne saurait être renversée. «À ce moment, dans les cinq municipalités concernées neuf élèves de niveau préscolaire étaient prévus, rappelle le directeur général, Éric Larivière. Aujourd’hui, il n'en reste sept.»