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Nouvelles

11 mai 2010

Une planète boulimique

En vue du Congrès mondial de l'énergie : « Une planète boulimique »

Premier d'une série de quatre - La Presse affaires, 28 avril 2010

Du 12 au 16 septembre, Montréal accueillera quelque 3500 délégués au 21e Congrès mondial de l'énergie. La Presse vous présente les enjeux qui animeront leurs discussions.

Au cours des 20 prochaines années, la demande en énergie de la planète connaîtra une augmentation d'environ 40%, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette augmentation s'explique par l'accroissement de la population mondiale et par la croissance de certains pays en développement, surtout l'Inde et la Chine. À eux seuls, ces deux pays seront responsables de plus de la moitié de la croissance de la demande en énergie d'ici 2030.

Plus de 80% de l'augmentation prévue de la demande en pétrole viendra de la Chine, de l'Inde et du Moyen-Orient. De plus, 85% de l'augmentation de la consommation mondiale du charbon proviendra du secteur de l'électricité chinois et indien. Ainsi, selon l'AIE, 87% de l'accroissement de la demande sera imputable aux pays non membres de l'OCDE au cours des deux prochaines décennies.

De toute évidence, on ne peut pas refuser aux citoyens de ces pays l'accès à un meilleur niveau de vie. Sans oublier qu'il reste encore 1,5 milliard de personnes toujours privées d'accès à l'électricité, en particulier en Asie du Sud et en Afrique.

Quand on constate le dénuement dans lequel vit cette partie de la population, il est clair qu'il s'agit d'une question urgente à régler, comme l'affirme Jamal Saghir, directeur Énergie, transport et eau dans une entrevue accordée à La Presse pour ce cahier spécial.

Devant ces faits, répondre à la demande à l'échelle mondiale devient donc un enjeu planétaire qui nécessite des solutions planétaires. C'est sur cette question que se pencheront les quelque 3000 délégués au Congrès mondial de l'énergie qui aura lieu à Montréal en septembre prochain.

Mais comme le souligne l'AIE dans le World Energy Outlook 2009, une étude annuelle qui fait autorité en la matière, cet enjeu est indissociable de la question du réchauffement climatique. «Étant la principale source d'émission de GES, l'énergie est au coeur du problème et doit faire partie intégrante de la solution», note l'AIE dans son rapport.

Deux scénarios

L'organisme s'est livré à l'élaboration de deux scénarios. Dans le premier, on décrit l'évolution des marchés mondiaux si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques et les mesures en vigueur actuellement. Si cette voie était suivie, cela aurait pour résultat d'entraîner une dépendance croissante à l'égard des combustibles fossiles, ce qui aurait des conséquences alarmantes pour le climat et la sécurité énergétique.

Dans le second scénario, on projette des résultats beaucoup plus encourageants pour la planète si les pouvoirs publics s'engagent dans une action collective visant à limiter les émissions de GES à un niveau acceptable. Ces mesures toucheraient notamment l'efficacité énergétique, la réduction de la consommation de carburant pour le transport, l'adoption de nouvelles technologies et l'accroissement des investissements dans les énergies propres.

Elles sont réalisables dans la mesure où une volonté politique est présente. Car, comme l'a souligné Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l'énergie et président d'honneur, Électricité de France, la question de l'énergie est une question éminemment politique. «Aujourd'hui, il y a un consensus à l'effet que pour tous les pays du monde, qu'ils aient une économie libérale ou dirigiste, l'énergie est un secteur sur lequel les gouvernements ont la nécessité d'intervenir. C'est un enjeu stratégique», dit-il.

Il y a donc de l'espoir, à condition de faire les bons choix. « À notre avis, dans les 20 prochaines années, nous allons voir une transformation du secteur énergétique mondialement, que ce soit dans les pays développés ou en voie de développement, dit Jamal Saghir. On n'a plus le choix. Toute décision que l'on prend maintenant dans ce secteur est importante, car elle va nous compromettre pour les 50 prochaines années. »

 

Source : http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/portfolio/congres-mondial-de-lenergie/201004/28/01-4275039-une-planete-boulimique-premier-dune-serie-de-quatre-.php

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